23.10.09

l'usure

Ce livre ancien a la reliure défaite, la colle s'effrite et des cahiers entiers s'en détachent. Les pages glissent, vont s'aplatir au sol en faisant flac quand on le prend pour regarder la couverture, qui reste entre les mains comme une coquille en cuir.

18.10.09

pronominable

Commencer un livre qui finit, après quelques pages, par être déplaisant. On continue la lecture, pour s'arrêter à un bon endroit et y laisser tout de même notre signet. Le lendemain est-ce que je poursuis? Parce qu'on a aucune idée de ce qui nous paralyse, on se rend compte à mi-chemin que cette sensation a brisé la quiétude éprouvée d'habitude avec un livre. C'en pouvait même être le propos. Quel sujet pour un ouvrage, rappeler ce qu'il a d'instable quand tu le lis.

8.7.09

alphathèque

Au chapitre des entreprises délirantes, j'ai débuté une liste de mes livres, en commençant par la bibliothèque bleue. Il n'y a, pour l'instant, pas d'auteur au patronyme en X ou en Y d'inscrit dessus, n'y manquera bientôt qu'une lettre parce que dans la bibliothèque en briques devrait toujours se trouver le livre d'une romancière qui fait l'affaire. Mais je n'arrive pas à penser à un auteur pour l'autre lettre manquante.

28.6.09

paper trail

En fouillant dans les bacs à rabais des librairies à grande surface, parmi les rejets et le rebut de l'industrie de la lecture, on a parfois la surprise d'un livre improbable à prix d'écoulement ou d'une bizarrerie qui n'aurait normalement pas intéressé. Ces grandes chaînes ont les moyens, s'il le faut, de se débarrasser de n'importe quelle unité pour un dollar, alors quand arrive la saison des inventaires la compulsion se fait moins coûteuse, relativement, et les livres s'empilent à côté des bibliothèques. Celui-là, avec les photographies du Getty, au sujet si sensationnel qu'il a souvent sa propre section dans ce type de librairies, « True Crime », qu'est-ce que j'en fais ?

27.6.09

calorifère

Sur la tablette, les deux livres qui m'intéressent présentement, en une pile propre. Vous savez ces auteurs qu'on découvre par hasard dans un librairie loin de chez-vous, et qu'on ramène dans ses bagages... Un titre malicieux au dos de ce livre gris. Je le tire du rayon. Comme un clin d'oeil discret à la fadeur de la couverture, les deux tons de rose très neutres de la typographie, l'un pâle, presque blanc, l'autre plutôt rouge, me font sourire. Ce sont de courts poèmes avec, à la fin, un long. J'en lis un texte puis deux et le referme : je ne lis pas trop un livre sur place si j'ai bien vu qu'il m'intéressait et décidé de l'acheter. Peut-être pour qu'il reste chaud.

16.6.09

légendaire

Penché sur les rayons en bas de la bibliothèque, j'entends frotter de l'autre côté les pages d'un livre qu'on feuillette un peu fort, puis quelqu'un qui parle : « ...très occupé, j'aurai pas de temps pour le lire. » Il y en avait d'autres, des gros, qui attendaient sur sa table de nuit, mais il était déterminé à acheter quelque chose aujourd'hui. Quand la libraire excédée revient avec un grand livre illustré, il lui répond que les images posaient le même problème.

10.6.09

lectures douteuses

Il y a six ans, je lisais dans mon coin un petit recueil d'essais acheté pour son titre qui attira mon attention, à la hauteur des yeux sur un présentoir rotatif près de la caisse. Je l'ai relu dans le métro d'une couverture à l'autre en un aller et un retour. L'ai placé dans une pile près de la porte l'an passé ; en rentrant je l'ai remis où il était, c'est même la première chose que j'ai fait.

8.6.09

motif

Je ne crois pas être le seul à parfois m'endormir sur un roman, perdant la page avec le signet. Difficile ensuite de savoir où l'on en était dans notre histoire ; sur quelle phrase l'éveil s'est-il évaporé ? Le lendemain, en diagonale, on cherche à recouvrer notre place dans la lecture, mais quand plus aucune phrase ne me dit rien, qu'elles paraissent toutes neuves comme il m'est arrivé aujourd'hui, j'admets que c'est pour dormir dessus et me reposer que j'ai choisi de lire ce livre là.

7.6.09

pas lu encore

Un que je veux bientôt lire est arrivé il y a deux semaines par la poste. Commandé par internet avec le troisième pour soi-disant économiser les frais de port, c'est une nouveauté que recommandait la librairie d'un éditeur montréalais sur son site. Quand j'ouvre la boîte en carton, je regarde le livre deux secondes et tout de suite lui trouve une place dans la bibliothèque, comme pour qu'il refroidisse, ou pour que la tablette s'aère un petit peu. Sur internet toujours, j'appris que ce manuscrit avait déjà fait entendre son bruit dans le monde littéraire : l'auteur aurait bénéficié d'un bon contrat et son livre, au sujet d'un jeune cartographe de génie, d'une édition assez imaginative.

6.6.09

la tablette

Les livres que je lis ne se trouvent pas sur les rayons, mais sur la tablette. Il y en a trois présentement, qui sont presque terminés. L'un est en attente depuis un bout (ma lecture interrompue à l'interlude, je le reprendrai peut-être du début). Un autre est commencé depuis deux jours : je voulais connaître le détail des aventures de ce personnage dont on a tant parlé. Trouvé quelques dollars dans une boîte à rabais, j'en ai avalé vite la moitié, sans trop goûter, le finirai demain ou après, après-demain. Le troisième -et le plus gros- est promis à disparaître de la tablette pour la bibliothèque en premier. Il compile quatre livres, avec une histoire racontée à chaque page ; il y a aussi des croquis à la fin.